Voici le tout premier article qui lance une nouvelle rubrique sur mon blog – celle des interviews de professionnels du voyage pour vous donner une vision de l’envers du décor et vous permettre aussi de poser vos questions à ces personnes qui exercent des métiers passionnants et inspirants.

Car dans le monde du voyage, il n’y a pas que des voyageurs en vacances, il y a aussi tous ces professionnels qui font de nos vacances des moments inoubliables. Certes il y a des aléas, nous en avons tous vécu mais gardons le verre à moitié plein et relativisons ces petits manqués en se rendant compte de l’énergie de toutes ces personnes mise au service de nos belles escapades.

J’aimerais pouvoir présenter différents profils allant de A comme agence de voyage à P comme pilote d’avion. Toutes les personnes répondant à ces critères que je trouverais sur mon chemin seront mises en avant ici. L’idée est de partager leurs profils, leurs parcours, leurs expériences respectives et de pouvoir leur poser des questions.

Si vous êtes vous-même concerné(e)s, faites moi signe et nous organiserons cette interview avec plaisir !


Pour inaugurer cette rubrique, quoi de plus naturel que de me tourner vers des amis qui ont fait ce choix de travailler dans le monde du voyage. Dans mon cas, je ne désespère pas qu’un jour le digital me rapproche de ce secteur d’activité…

Qui se cache derrière cette 1ère interview ?

J’ai trouvé intéressant de démarrer avec Nicolas que j’ai rencontré lors de ma première année post-Bac… il y a donc quelques mois ! #LOL
Il s’est orienté vers le métier de steward il y a maintenant 12 ans, chez Air France. D’ailleurs pour lui, c’était pour la compagnie bleu-blanc-rouge sinon rien ! Il est formel et surtout très attaché à la compagnie puisqu’il partage ses valeurs et est très fier de travailler dans cet uniforme.

S’il n’avait pas été steward, il aurait choisi d’être commerçant, sans doute pour ses qualités relationnelles et commerciales. Il pensait ouvrir une boutique de vêtements avec un concept plutôt underground qui aurait fait la différence sur le marché. Et je l’imagine très bien dans cet univers…

Aujourd’hui, il compte un peu plus de 8 000 heures de vol depuis son début de carrière (sur long courrier, soit environ 80 vols par an). C’est énorme comparé à la moyenne que je fais, entre 5 et 10 vols par an.

Quelques notions clefs à connaître

Le steward est le masculin pour hôtesse de l’air. Il n’y a donc pas de hiérarchie dans ces deux termes. Et en langage plus technique, le steward fait parti du Personnel Naviguant Commercial (quand le pilote représente le Personnel Naviguant Technique).

En terme de hiérarchie, il y a :
– Les hôtesses de l’air et steward (ceci varie selon le type d’avion entre 3 hôtesses/steward sur un A318 à 21 sur un A380 pour un vol moyen courrier)
– Le Chef de cabine moyen courrier (ils sont 2 sur un vol long courrier)
– Le Chef de cabine Principal
Occasionnellement, l’Instructeur peut monter à bord, pour souvent tenir le rôle de Chef de cabine Principal ou seconder celui déjà affecté, afin de contrôler que les méthodes de travail sont respectées et les valeurs de la compagnie bien véhiculées.

A quoi correspondent les notions de vols court, moyen et long courrier ?
– le vol court est généralement un vol effectué proche de la base et compris entre 1 et 2h de trajet
– le vol moyen courrier : jusqu’à 4h de trajet
– le vol long courrier : de 4 heures (Beyrouth) à plus de 14 heures parfois (Santiago du Chili) chez Air France

Avion Air France

Découvrir avec Nicolas ce qu’est le métier de steward

L’univers du tourisme n’était pas son premier souhait – apparemment – puisqu’il s’est d’abord orienté dans le secteur bancaire avant de rapidement s’ennuyer derrière son ordinateur (et je ne serais pas celle à le contredire). Mais il l’est rapidement devenu puisqu’il s’est ré-orienté vers le métier de steward, un peu sur un coup de tête et beaucoup parce qu’il a trouvé la bonne personne au bon moment. Un signe ? Moi j’y crois !

Malgré les nombreux pré-jugés liés à son métier, Nicolas ne se laisse pas influencé par la jalousie des autres, et fait son métier avec amour. Et pour briser ces pré-jugés, non il n’est pas toujours au soleil car le monde n’est pas exclusivement composé d’îles aux Maldives (prochaine destination ouverte par Air France #scoop) ou encore aux Bahamas… et non plus il ne voyage pas gratuit. Certes, il a des avantages, mais que celui qui n’en a pas en travaillant dans un grand groupe, lève la main tout de suite !
Par contre, quand on entend que le personnel s’encanaille en escale, il parait que c’est pas toujours démenti. {rires}

Nicolas se sent bien dans ce métier – qui à mes yeux me parait éreintant – car il est anti-routine. Chaque journée ne ressemble à aucune autre. Il y a aussi pas mal de surprises et d’imprévus auxquels il faut faire fasse, et Nicolas le prend comme un jeux et apprécie vraiment ce côté là. Il se sent à la fois très libre et indépendant, mais aussi très seul. Ce qui est paradoxal mais les collègues sont souvent ceux d’un vol et les soirées ne sont pas forcément toutes animées, surtout quand elles se passent dans un hôtel tout proche de l’aéroport et qu’il doit repartir dès le lendemain. Par contre, ce qu’il adore et qui représente pour lui un vrai moteur est la possibilité de rencontrer énormément de monde – que se soit parmi ses collègues, ou dans les passagers. Et le plus dingue pour lui, est d’arriver pour un vol en ne connaissant personne (parmi le personnel naviguant) et d’arriver à créer une énergie et une ambiance en 10 minutes pour que le vol se passe le mieux possible, pour lui, et pour les passagers. Car l’énergie du personnel se transmet définitivement aux passagers. Le plus agréable retour qu’on lui est fait, c’est un passager qui en sortant de l’appareil lui confie qu’il a passé un très bon moment en vol.
Et puis il exerce un métier qui fait rêver, au-delà de l’attrait de l’uniforme bien sûr. Qui n’a pas pensé un jour devenir steward (ou hôtesse de l’air) ?
Oui, j’avoue que j’y pense souvent… depuis toute petite. D’abord parce que je voulais parler plusieurs langues, ma famille m’avait alors orienté vers ce métier (aussi parce que j’étais grande et que visiblement je remplissais au moins ce critère).

A quoi ressemble une journée type de steward ?

Nicolas est basé à l’aéroport de Roissy CDG à Paris mais vit en province, comme beaucoup d’autres qui exercent comme lui ce métier.
Lorsqu’il est affecté à un vol, il doit alors rejoindre son aéroport de départ par ses propres moyens.
Le jour J, il doit badger à une pointeuse au minimum 1h30 avant l’heure de décollage prévue de son vol et passer par la case briefing de l’équipe qui dure en général 15 minutes et fait le point sur les conditions de vol – météo, commercial, sécurité et sûreté.
Il doit ensuite se rendre à l’avion avec le reste de l’équipage, 1h avant le décollage pour faire les vérifications de sécurité (un double check plutôt) et se préparer à l’embarquement.
Une fois que tout en ordre, les passagers sont prêts à être embarqués – cette procédure dure environ 30 minutes. Puis la cabine est préparée et contrôlée pour le décollage et la communication se fait par interphone avec le cockpit (le pilote) lorsque tout est prêt.

Des anecdotes ?

Son meilleur moment est quand il rencontre les passagers et se prépare à voler avec des collègues, qu’il découvre souvent pour la première fois.
Il a aussi de nombreux super souvenirs, comme notamment de voir l’Everest depuis le cockpit durant un vol vers l’Asie (certainement Canton – dur de se souvenir de tous). Il est très attiré par cette impressionnante montagne, sans forcément la gravir, mais de la voir lui donne un large sourire !
Et aussi les aurores boréales qui reste un spectacle merveilleux depuis le ciel.

Le moment le plus désagréable de sa carrière a été de reprendre un vol juste après le terrible incident du vol AF 447 Rio – Paris. Impossible de ne pas penser à ses collègues et aux passagers…
Car même des passagers pénibles à bord ou qui ‘pètent un plomb’ ne lui mine pas le moral. Cela fait parti de son métier et il le prend avec (beaucoup de) philosophie.

Vue du ciel en avionUn conseil à qui veut devenir hôtesse / steward ?

Sans hésiter, c’est avec un grand OUI que Nicolas recommande son métier à qui veut s’orienter dans cette voie.
Il y a eu une longue période pendant laquelle Air France n’a pas fait de recrutement pour ce type de poste, mais cela revient progressivement… A surveiller donc avec les prochains recrutements de contrats en alternance chez AF et pour la nouvelle compagnie Joon (#scoop2) .
Pour s’engager, il faut s’assurer d’avoir un bon niveau en anglais, de savoir gérer la fatigue et clairement de ne pas être (trop) sensible aux différents décalages horaires, d’avoir de vraies qualités relationnelles, d’aimer travailler en autonomie et de ne pas avoir peur de se réveiller dans une ville différente chaque jour. Bref pour les personnes aimant le confort et la routine, passez votre chemin.

Nicolas, quelle sera ta prochaine escapade ?

Sans hésité, il m’a indiqué vouloir visiter le Tibet et le Népal à titre personnel. Comme quoi j’en conclue qu’il n’en a jamais marre de voyager et que son métier ne le lasse pas de découvrir de nouveaux pays ! Ça me fait vraiment rêver 🙂


La parole aux lecteurs – Vos questions à Nicolas

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux personnes phobiques en avion ? (Mathis, Rouen)
C’est une peur plutôt compliquée à appréhender et notre rôle est très important à bord. Nous identifions très vite les personnes phobiques de l’avion et nous nous relayons auprès d’elles pour les rassurer et les accompagner tout au long du vol. Il existe des stages anti-stress liés à la peur en avion qui sont très bien faits : la personne phobique effectue un vol en simulateur pour comprendre le fonctionnement de l’avion et cela a un effet extrêmement bénéfique.

Ta destination favorite ? (Luna, Paris)
La Californie (LA et San Francisco) sans hésiter !

Un rituel bien-être entre deux vols ? (Moi)
Du sport, beaucoup de sport et me ressourcer auprès de ma famille.

Est-ce que tu es superstitieux, et si oui quel objet fétiche transportes-tu ? (Steve, Paris)
Je ne suis pas particulièrement superstitieux mais j’ai des petits objets qui m’accompagnent tout le temps en vol et me rappellent des personnes, des moments, …

On a beaucoup parlé de l’arrivée de l’A380 – concrètement qu’est-ce que ça a changé dans tes habitudes de travail ? (Pierre, Nice)
Des espaces de travail très bien compartimentés qui nous offrent un confort appréciable pour exercer notre métier et surtout un niveau de silence à bord et en vol qui soulage nos oreilles !

 

Alors, qui veut devenir Steward ? Ce principe d’interview vous plaît ?

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