Passer de Salin-de-Giraud à Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône, Provence) par le Bac de Barcarin, c’est vraiment l’essence même du slow travel. On quitte la rive sauvage pour une ville qui est à la fois le terminus de la ViaRhôna et une petite ville tournée vers le grand large.
En route pour le bout du monde
Pour se rendre à vélo à Port-Saint-Louis, il faut expérimenter la traversée épique du Rhône via le Bac de Barcarin qui reste l’unique lien entre les deux rives à ce niveau des terres et qui fait tout le charme de cette balade. L’accès est très sécurisé puisqu’il emprunte la ViaRhôna – ce chemin cycliste qui relie la Suisse à la Camargue. L’expérience est inédite puisque nous avons pu louer des vélos depuis notre camping des Bois Flottés pour rejoindre la ville qui se trouve en face de Salin-de-Giraud à vol d’oiseau, mais de l’autre côté du Rhône. Le Bac de Barcarin (gratuit pour les piétons et vélos et 12€ par véhicule par traversée) fonctionne chaque jour pour éviter de nombreux kilomètres (et au moins 1h20 de trajet en voiture) aux usagers locaux si ce moyen de traverse n’existait pas.
S’il est un souvenir qui restera gravé pour notre fille, c’est bien la traversée du Rhône. Quitter le bitume pour le sol vibrant du Bac de Barcarin a transformé l’expédition en épopée – le voyage a changé de dimension : fini le rôle de passagère assoupie à l’arrière de la voiture, place au rôle de capitaine en herbe.
Ici, debout fièrement à côté de son vélo alors que le navire se met en marche, elle est devenue l’actrice de sa propre aventure. Ce passage d’une rive à l’autre, c’est bien plus qu’une simple liaison technique : c’est une expérience magique et excitante. Et l’aventure continue en prenant directement à droite en sortant du bac, pour emprunter la piste cyclable de la ViaRhôna vers Port St Louis…
☀️ Note aux parents : le soleil tape très fort, même dès le Printemps, munissez-vous de crème solaire à utiliser régulièrement, en plus du casque et de l’anti-moustiques. Les chemins sont longs et pas du tout ombragés ! Elle a par exemple pris un fort coup de soleil sur le dessus des mains que nous n’avions pas pensé à protéger 🙁
A Port-Saint-Louis, c’est ici que le fleuve du Rhône, après 815 km de course depuis la Suisse, finit par se jeter dans la Méditerranée. Pour retrouver le même esprit qu’à la plage de Piémanson – depuis le centre de cette petite ville, il faut poursuivre jusqu’à la Plage Napoléon avec ses 10 km de sable fin pour une sensation de liberté absolue !
💛 Le Slow Travel, c’est aussi savoir dire stop. Nous avions pour ambition de rejoindre le bout du monde à Port-Saint-Louis, mais les petites jambes de 7 ans en ont décidé autrement et nous préférions anticiper le retour (avec un total de 17km). C’est donc après quelques kilomètres face au vent (à l’aller), que nous avons préféré privilégier la qualité de l’instant plutôt que la destination. Une pause au bord de l’eau, un biscuit et une photo valent parfois mieux qu’un prolongement forcé.
Le trajet était la destination.
Parenthèse gastronomique
Si Salin-de-Giraud a son sel, Port-Saint-Louis a ses huîtres et moules de Camargue.
Les restaurants sur les quais (comme Le Passe Port ou le Bistrot de la Tour) offrent cette ambiance retour de pêche, où l’on peut savourer des produits ultra-frais face aux mâts des voiliers. C’est le hasard de notre fin de course à vélo qui nous a fait découvrir le Passe Port alors que le Chef démarrait la braise du barbecue… les odeurs nous ont appelé à prendre place en terrasse à midi tapante ! Et nous avons plutôt bien fait… puisque sans réservation, le restaurant s’est très rapidement rempli d’habitués.
Par contre, en venant à Port-Saint-Louis, nous avions en tête de déjeuner ou à minima de prendre un café chez Mayah coffee shop qui est malheureusement pour nous, fermé les samedis – jour de notre escapade.
Une destination culture et patrimoine arty-industriel
Pour l’essence même de la ville, il faut mettre le cap vers la Tour Saint-Louis – le plus vieux bâtiment de la ville qui abrité aujourd’hui l’Office de Tourisme mais surtout une collection ornithologique. Depuis son sommet, la vue sur l’embouchure du Rhône et les parcs à huîtres est imprenable.
A côté de ce patrimoine historique et du côté industriel impliqué par l’activité portuaire, la ville développe également un côté arty avec des fresques de street art qui contrastent avec les structures métalliques du port.
💡 Le saviez-vous ? Port-Saint-Louis est l’une des trois seules portes d’entrée de la Camargue sauvage.














